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Entreprendre au Canada quand on est immigrant

18 août 2026par Patrick Demanou Kana — Équipe DemkaBiz
Entreprendre au Canada quand on est immigrant
# Entrepreneuriat ## Entreprendre au Canada quand on est immigrant *De l'installation au premier client, voici les étapes concrètes qui transforment un projet migratoire en réussite entrepreneuriale.* Au Canada, 25 % des personnes nouvellement arrivées possèdent une entreprise, contre 22 % des personnes nées au pays, selon une étude d'Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC). Les entreprises détenues par des immigrants paient aussi, en moyenne, davantage d'impôts nets par employé que celles des personnes nées au Canada, d'après Statistique Canada (2025). Peu importe le pays d'origine, un constat s'impose : l'entrepreneuriat immigrant n'est pas une exception au sein de l'économie canadienne. C'est l'un de ses moteurs. ## Un état d'esprit déjà forgé par le départ Quitter son pays, refaire sa vie, rebâtir un réseau à zéro : ce parcours exige audace, résilience et capacité d'adaptation — soit l'essentiel de l'esprit entrepreneurial. Les personnes immigrantes qui envisagent de se lancer en affaires au Canada n'ont donc pas à développer un « esprit entrepreneurial » : elles le possèdent déjà, souvent sans le savoir. Reste à le canaliser dans l'écosystème canadien, avec ses codes, ses institutions et son rythme propre. C'est là que réside l'enjeu principal. Comme le montre une étude d'IRCC menée auprès d'entrepreneurs immigrants, trois défis reviennent à toutes les étapes du parcours : le réseautage, le financement et l'accompagnement. À ceux-ci s'ajoutent parfois d'autres obstacles selon les profils : reconnaissance des diplômes obtenus à l'étranger, maîtrise des codes culturels d'affaires ou apprentissage d'une langue officielle. Ces obstacles ne sont pas des impasses. Ils se franchissent avec méthode — et un accompagnement adapté fait toute la différence. ## Étape 1 — S'établir avant d'entreprendre Avant de rédiger un plan d'affaires, il faut poser des bases solides : logement stable, compréhension du marché du travail, premiers repères administratifs. L'étude d'IRCC le confirme : les personnes qui réussissent le mieux leur transition entrepreneuriale sont souvent celles qui ont d'abord consolidé leur intégration, développé un premier réseau et compris les façons de faire canadiennes, avant de se lancer à temps plein. C'est exactement la logique que promeut Demka Services Inc. : « notre conviction est que l'établissement précède l'entrepreneuriat. Avant de se lancer en affaires, il est essentiel de s'établir, de comprendre son environnement et de bâtir son réseau, notamment par le bénévolat communautaire, premier levier d'ancrage dans la société d'accueil. Ce n'est pas l'entrepreneuriat d'emblée pour tous, mais l'entrepreneuriat au bon moment, pour ceux qui sont prêts. » ## Étape 2 — Choisir son statut et structurer son projet Le choix de la forme juridique — entreprise individuelle, société par actions, coopérative — dépend du secteur, du niveau de risque et des ambitions de croissance. La majorité des nouveaux entrepreneurs optent d'abord pour l'entreprise individuelle, plus simple à démarrer, avant d'incorporer une fois les revenus stabilisés. Un bon plan d'affaires reste l'outil charnière. Il sert à structurer l'idée, mais aussi à convaincre un prêteur ou un partenaire. Les incubateurs proposent des gabarits simplifiés — canevas de modèle d'affaires visuel plutôt que document académique de 40 pages — mieux adaptés à une réalité de démarrage, surtout pour une personne qui découvre en même temps le marché canadien. ## Étape 3 — Se former pour mieux démarrer La scolarité et l'expérience antérieure en affaires sont parmi les facteurs les plus déterminants de la réussite entrepreneuriale. Selon Statistique Canada, les entreprises dirigées par des personnes immigrantes titulaires d'un doctorat affichent une productivité du travail supérieure de 16,4 % à celles dont le propriétaire détient un diplôme d'études secondaires ou moins ; celles dont le propriétaire a été admis comme gens d'affaires affichent une productivité supérieure de 3,4 % par rapport aux immigrants économiques classiques. Se former ne veut pas dire retourner sur les bancs d'école pendant des années. Des formations courtes et gratuites existent, souvent offertes en français par des organismes communautaires : le Parcours entrepreneurial pour immigrants francophones (PEIF) du Collège La Cité, par exemple, a formé plus de 260 personnes venues de 30 pays en 20 semaines, avec environ 30 % de projets concrétisés en entreprise. Ce type de programme combine littératie financière, culture d'affaires canadienne et coaching individuel — exactement les compétences que les entrepreneurs immigrants identifient eux-mêmes comme manquantes, peu importe leur pays d'origine. ## Étape 4 — Trouver le bon financement Le financement demeure l'un des trois grands obstacles identifiés par les entrepreneurs immigrants interrogés par IRCC, en partie parce que plusieurs n'osent tout simplement pas présenter de demande, faute d'historique de crédit canadien ou par crainte d'un refus. Or, lorsqu'ils déposent une demande, les entrepreneurs immigrants obtiennent généralement un taux d'approbation comparable à celui des entrepreneurs nés au Canada. Plusieurs options existent pourtant, et certaines s'adressent spécifiquement aux nouveaux arrivants : - **Le Prêt pour nouveaux arrivants entrepreneurs de la BDC**, accessible sans historique de crédit, aux personnes ayant obtenu la résidence permanente depuis moins de trois ans. - **Le Financement Démarrage de la BDC**, qui peut atteindre 250 000 $ pour l'achat d'actifs, le marketing ou le fonds de roulement de départ. - **Futurpreneur Canada**, pour les 18-39 ans, qui combine financement (jusqu'à 60 000 $, incluant un prêt BDC de 40 000 $) et deux ans de mentorat individuel. À noter : le Programme de visa pour démarrage d'entreprise, qui permettait autrefois à des entrepreneurs immigrants d'obtenir la résidence permanente en s'associant à un incubateur ou un fonds de capital-risque canadien, a cessé d'accepter de nouvelles demandes le 30 juin 2026, dans le cadre du resserrement des cibles d'immigration 2026-2028 annoncé par IRCC. Les personnes qui envisagent une immigration économique par la voie entrepreneuriale doivent donc se tourner vers les programmes provinciaux, comme le volet Entrepreneurs de Québec, qui demeure actif. ## Étape 5 — Bâtir un réseau qui dépasse sa communauté Le réflexe naturel, en arrivant, est de se tourner vers sa communauté d'origine : premier cercle de confiance, premiers clients, premiers conseils. C'est une ressource précieuse — mais aussi une limite, si elle devient la seule. Les entrepreneurs immigrants les plus établis le confirment : pour assurer la viabilité d'une entreprise, il faut élargir son réseau au-delà des cercles ethnoculturels, développer sa maîtrise de la langue d'affaires locale quand le marché l'exige, et intégrer les chambres de commerce, les incubateurs et les événements de réseautage plus larges. C'est précisément l'esprit du Colloque C.I.E.L de RCA Groupe, qui rassemble chaque année à Québec plus de 300 acteurs économiques — institutions, décideurs, partenaires financiers — autour de la relève entrepreneuriale issue de l'immigration. L'édition 2026, tenue en juin à l'Université Laval en partenariat avec la Chambre de commerce et d'industrie de Québec (CCIQ) et le soutien de la ville de Québec, proposait cinq journées thématiques consacrées tour à tour au financement, au repreneuriat, au mentorat et à la performance des entreprises dirigées par des personnes issues de l'immigration. Ce type d'événement permet de sortir de l'isolement, de rencontrer des mentors, et de se faire connaître au-delà de son propre cercle — une étape que plusieurs entrepreneurs immigrants décrivent comme un véritable tournant dans leur parcours. Le numérique joue aussi un rôle croissant dans cette démarche de réseautage. LinkedIn, les groupes Facebook et les plateformes spécialisées permettent de rejoindre rapidement une clientèle de proximité, mais l'enjeu, à moyen terme, reste le même : ne pas se limiter à un marché de niche communautaire. Proposer des produits et services qui parlent à l'ensemble de la clientèle canadienne demeure la clé d'une croissance durable. ## Étape 6 — S'entourer d'un accompagnement structuré L'accompagnement — troisième défi identifié par IRCC — fait souvent la différence entre un projet qui reste à l'état d'idée et une entreprise qui dure. À Québec, le Fonds d'emprunt de Québec soutient les entrepreneurs par l'accès au microcrédit, à l'accompagnement et à la formation ; EVOL offre des services aux entreprises en démarrage, en croissance ou en processus de relève ou d'acquisition, dont la propriété est diversifiée et inclusive ; l'incubateur technologique LE CAMP et l'organisme PROMIS offrent un accompagnement structuré aux personnes immigrantes qui démarrent une entreprise, incluant l'aide à la rédaction du plan d'affaires et la mise en relation avec l'écosystème local. La Ville de Québec propose par ailleurs un outil de repérage des ressources selon le stade d'avancement du projet. Il faut aussi mentionner des initiatives comme celle du Centre d'Accueil des Nouveaux Arrivants Francophones (CANAF), qui a mis en place des services pour entrepreneurs immigrants en Alberta, ou encore le Carrefour d'innovation de l'Université de Saint-Boniface, unique université francophone du Manitoba. **Quelques ressources :** - BDC — Prêt pour nouveaux arrivants entrepreneurs et Financement Démarrage - Collège La Cité — Parcours entrepreneurial pour immigrants francophones (PEIF) - Fonds d'emprunt Québec — Fonds d'Emprunt de Québec - EVOL — Prêt et accompagnement - RCA Groupe (Colloque C.I.E.L) — réseautage et mentorat annuel à Québec, dédié à l'entrepreneuriat issu de l'immigration - CANAF — Vivre à Calgary | Le CANAF vous aide à vous intégrer - Gouvernement du Québec — volet Entrepreneurs de l'immigration économique ## Une opportunité à saisir, pas un privilège à mériter Entreprendre au Canada quand on est immigrant, ce n'est pas contourner un obstacle. C'est transformer un parcours migratoire déjà marqué par le courage en projet économique durable. La feuille de route est connue : s'établir, se former, financer son projet avec les bons outils, puis élargir son réseau bien au-delà de sa communauté d'origine — tout en portant fièrement ses racines et sa culture dans son offre de produits et services. C'est exactement la mission de DemkaBiz : connecter les nouveaux arrivants, les entrepreneurs et les professionnels francophones à l'échelle du Canada, dans une plateforme numérique 100 % francophone pensée pour accompagner chaque étape de ce parcours. **DemkaBiz — S'établir. Entreprendre. Réussir.** Consultez [demkabiz.com](https://demkabiz.com) pour trouver les ressources, les organismes et les professionnels francophones qui vous aideront à concrétiser votre projet entrepreneurial. *Patrick Demanou Kana — Équipe DemkaBiz*

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